
Partout au Québec, du 13 au 19 avril 2026
Les gouvernements passent, mais la même logique s’obstine. Une mécanique comptable, sèche et dévitalisée, qui considère la santé comme une dépense et les êtres humains comme des lignes de budget.
À chaque cycle politique, les mêmes refrains reviennent : réformes de modernisation qui ne modernisent rien, compressions qui compressent surtout les malades et les travailleurs et travailleuses de la santé et du communautaire, plans d’optimisation qui optimisent la surcharge de travail. À force de manier la tronçonneuse budgétaire, ils ont fini par amputer l’accessibilité, fracturer les services et enterrer la qualité sous des couches de gestionnaires et de directives hors sol.
Et ce n’est pas un accident, mais le produit d’un choix politique répété. En trente ans, chaque réforme a affaibli un peu plus le réseau public et nuit aux tissus de solidarité communautaire, tandis que le privé gagnait du terrain, passant d’une présence marginale à une part de plus en plus importante.
Résultat des délais explosés, de conditions de travail dégradées, des organismes communautaires précarisés et une prévention sacrifiée.
Pendant que le public se débat dans la pénurie organisée, le privé, lui, s’installe confortablement, attirant le personnel, gonflant les coûts et transformant un droit fondamental en créneau de marché. On l’a vu ailleurs, le privé signifie plus cher, moins accessible et parfois même plus mortel.
Pourtant, la vérité est simple, brutale même, ceux et celles qui connaissent les besoins réels, ce sont les gens du terrain. Ceux et celles qui soignent, accompagnent, soutiennent, recousent les défaillances d’un système qui s’effiloche depuis trop longtemps. Les écouter, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité vitale. Car on ne répare pas le réseau public de santé comme on structure un organigramme. On la reconstruit en respectant les humains qui la font vivre.
Il est temps de briser le cercle vicieux des réformes placebo et des économies toxiques. Il est temps d’arrêter de faire payer les usagères et usagers en argent, en souffrance, en dignité, pour des décisions politiques qui se prennent loin d’eux, sans eux, parfois contre eux. Et il est plus que temps de rappeler une évidence. Un gouvernement qui a réellement la santé à cœur commence par ne pas la maltraiter.
Un vrai réseau public, fort, accessible, ancré dans les communautés, ce n’est pas un luxe, c’est la condition même d’une société qui prend soin de sa population plutôt que de la livrer au marché.
« Les politiques d’austérité nuisent gravement à votre santé »
Les coupes budgétaires en santé et services sociaux sont toujours maquillées en promesses de « réduction de la bureaucratie », mais, dans les faits, c’est l’accès aux soins et les services à la population qui en paient le prix. Quand le gouvernement affirme que les compressions n’affecteront jamais les soins directs, il omet sciemment une partie de la vérité : une personne en soutien administratif ou à l’entretien ne délivre peut-être pas de soins, mais elles et ils sont essentiels au fonctionnement de l’ensemble du réseau. De même, lorsque le communautaire, agent essentiel de l’écosystème de la santé et du bien-être, n’est pas financé à la hauteur des besoins, ce sont encore des services vitaux qui disparaissent sous le radar. Appeler cela de l’efficacité, c’est une fiction commode ; sur le terrain, ce sont des vies qui se retrouvent coincées entre les lignes d’un budget. Ce n’est pas bon pour notre santé!
Nous ne sommes pas les seules à le croire. Selon un sondage effectué par la firme Léger en décembre 2025:
- Un répondant sur quatre a vécu au moins une situation problématique liée à l’accessibilité aux soins, dont 15% estiment que leur état de santé s’est aggravé en raison des difficultés d’accès et 24% disent ne pas avoir eu accès aux soins nécessaires.
« Réformes placebo : peuvent donner l’illusion d’agir sans jamais soigner »
Bien que la Loi visant à améliorer l’efficacité du réseau de la santé et des services sociaux ait été présentée par la CAQ comme un moyen d’accroître l’accès et la qualité des services, tous et toutes attendent encore les résultats trois ans plus tard. Les « top guns » de la santé semblent encore se chercher une raison d’être alors qu’il semble de plus en plus clair que cette structure ne fait que dédoubler le travail effectué par le ministère et les établissements. Cette réforme adoptée sous bâillon sans consultation des gens qui travaillent à notre santé à notre bien-être semble finalement avoir été qu’une nouvelle lubie de politiciens qui veulent « faire leur marque » sans se préoccuper vraiment des besoins de la population. On veut des gouvernements qui se soucient vraiment de notre santé!
Nous ne sommes pas les seules à le croire. Selon un sondage effectué par la firme Léger en décembre 2025:
- 68% des gens croient que Santé Québec est un monstre bureaucratique inefficace. Léger, décembre 2025
- 63% des gens croient que Santé Québec éloigne la gestion du réseau des besoins du terrain
- 61% des gens croient que Santé Québec déresponsabilise le ministre de la Santé et des Services sociaux face aux problèmes d’accès au réseau
« Surveillance accrue : votre dossier médical peut voyager plus que vous »
Le Québec est actuellement totalement dépendant des cinq géants américains du numérique (GAFAM) en matière de technologie. L’État perd sa capacité à gérer ses données et infrastructures et alors qu’il a perdu le contrôle de ses données, puisque 85 % des solutions infonuagiques sont hébergées par des géants américains. Dans un contexte de tension commerciale, il faut rétablir notre position de force.
Rappelons-nous que l’ancien ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, a déjà qualifié les données de la RAMQ, vos données de santé, comme étant une mine d’or pour attirer les entreprises étrangères. Notre santé n’est pas à vendre!
Nous ne sommes pas les seules à le croire. Selon un sondage effectué par la firme Léger en décembre 2025:
- 72% des gens n’ont pas confiance envers des compagnies étrangères pour gérer les systèmes informatiques du réseau et 60% pensent que la gestion et la propriété des systèmes informatiques et des données devraient relever du secteur public (sondage Léger, 2025).
« Le profit en santé : augmente le risque d’inégalités systémiques »
La privatisation grandissante du réseau de la santé affaiblit directement le système public : plus on ouvre la porte aux cliniques privées, plus on vide le réseau public de son personnel pouvant offrir des soins et des services. Ce transfert de main-d’œuvre nuit à l’accessibilité, rallonge les délais, et renforce un modèle où seuls ceux et celles qui en ont les moyens peuvent réellement obtenir des soins en temps opportun. Qu’on le veuille ou non, permettre à des entreprises de faire du profit sur la maladie crée un système à deux vitesses, où les populations marginalisées — déjà les plus touchées par les obstacles à l’accès — sont les premières à être laissées de côté. D’ailleurs, l’IRIS a montré que les pays qui donnent davantage de place au privé en santé ont une mortalité en moyenne plus élevée que ceux au système public. Dans un service aussi essentiel que la santé, il est inadmissible que l’argent décide qui reçoit des soins et à quelle vitesse. Ce n’est clairement pas bon pour notre santé!
Nous ne sommes pas les seules à le croire. Selon un sondage effectué par la firme Léger en décembre 2025:
- 45% des gens croient que le privé en santé est une mauvaise chose.
- 69% des gens sont contre l’idée de payer pour recevoir des soins.




Antennes régionales 2026
| Régions | Personnes contact |
| Bas-Saint-Laurent | Maxime Tremblay (Réseau vigilance BSL/TROC-BSL) liaison@trocbsl.org 418-722-0621 – poste 2 |
| Saguenay-Lac-St-Jean | Manon Tremblay (CSN) manon.tremblay@csn.qc.ca |
| Québec | Mathieu Legrand (ROC-03) liaison@roc03.com |
| Chaudière-Appalaches | Stéphanie Roy (TROCCA) agente@trocca.com Mélanie Lapointe (APTS) mlapointe@aptsq.com |
| Mauricie et Centre du Québec | Sylvain St-Onge (TROC CQM) direction@troccqm.org |
| Montérégie | Isabelle Mantha (APTS) imantha@aptsq.com 514-348-0427 |
| Montréal | Geneviève Lambert-Pilotte (CCMM-CSN) genevieve.lambert-pilotte@csn.qc.ca |
| Laval | Lisa-Marie Lanoville-Jackon lmlanoville-jackson@siiial.com Michèle Dion mdion@siiial.com (SIIAL-CSQ) |
| Abitibi-Témiscamingue | David-Alexandre Desrosiers (CROC-AT) liaison@crocat.ca 1-866-797-3822 #3 |
| Laurentides | Chantal Maillé (CSN) Chantal.Maille@csn.qc.ca |
| Nord-du-Québec | Marjorie de Launière (TROC Nord-du-Québec) agenteliaison.troc@gmail.com |
| Gaspésie | Jenny Tardif (APTS) jtardif@aptsq.com |
| Côte-Nord | Daniella Thorn (CSN) Daniella.Thorn@csn.qc.ca |
| Estrie | Line Gendron(ROC Estrie) direction@rocestrie.org 819-823-4131 poste 4 |
| Lanaudière | Patricia Rivest (CSN) Patricia.Rivest@csn.qc.ca |
| Outaouais | Voir la Coalition solidarité Outaouais |
