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La Coalition solidarité santé a écrit une lettre ouverte pour énoncer son opposition à la taxe santé. Une partie de notre argumentaire a été reprise dans cet article du Devoir (voir encadré) François Legault recule sur la «contribution santé» | Le Devoir.

Le 1er février 2022  

NON À TOUTE CONTRIBUTION SANTÉ!

Une brèche dangereuse pour notre système public de santé

La Coalition Solidarité Santé prend note de la décision du gouvernement de ne pas imposer une contribution santé pour les personnes non vaccinées et espère qu’il s’agit d’une réelle prise de conscience gouvernementale et non d’un repli stratégique préélectoral !

Depuis sa constitution en 1991, la Coalition défend le droit à la santé pour toutes et pour tous et milite pour la gratuité, l’universalité et l’accessibilité de notre système public de santé [1]. La Coalition adhère en fait aux principes de la Loi canadienne sur la santé qui interdit, notamment, la surfacturation et l’imposition de frais modérateurs. Parce que la contribution santé liée au statut vaccinal aurait été une forme de frais modérateur portant atteinte aux droits fondamentaux, nous nous y opposions.

Bien sûr, la Coalition Solidarité Santé estime que la vaccination est un outil essentiel dans un contexte pandémique. Toutefois, l’idée d’imposer une contribution financière aux adultes non-vaccinés afin d’augmenter la couverture vaccinale aurait été selon nous contraire aux principes de gestion des risques en santé publique[2] et l’efficacité d’une telle mesure n’avait clairement pas été démontrée.

Des études suggèrent notamment qu’il n’existe pas de relation linéaire simple entre la coercition associée à une politique et son impact sur le taux de vaccination. De plus, le fait de l’obliger pourrait même s’avérer contre-productif en favorisant un climat de méfiance propice à la polarisation du discours sur la vaccination, encourageant ainsi l’hésitation vaccinale[3].

Plutôt que d’envisager à l’avenir de telles approches coercitives, nous invitons le gouvernement à poursuivre sans relâche son travail d’information et de sensibilisation de l’opinion publique. La confiance dans les politiques publiques de santé et l’adhésion collective à celles-ci demeurent essentielles pour lutter efficacement contre la COVID-19, et le seront également pour toutes les autres crises de santé publique que nous connaitrons.

Un dangereux précédent

Imposer une contribution fiscale à certaines utilisatrices et utilisateurs du système aurait constitué un précédent dangereux qui aurait compromis l’universalité de notre système public de santé déjà ébranlée par la privatisation. Le système de santé doit être accessible à toutes et à tous et ce, sans discrimination aucune. Une telle contribution aurait accentué le clivage social et pénalisé de nombreuses personnes déjà marginalisées et vulnérables. En somme, nous refusons que le gouvernement prenne de telles mesures qui sont une pente glissante vers une marchandisation et une financiarisation des services de santé, un tel précédent est dangereux.

Imposer le fardeau des problèmes du système aux non-vaccinés aurait été une stratégie malsaine et non souhaitable qui n’aurait pas amené plus de lits ni de personnel. Nous sommes d’avis que le Premier Ministre doit prioritairement se concentrer à remettre le système public de santé sur ses rails. Nous exhortons le gouvernement Legault à réinvestir massivement en santé publique, et, tel que le recommandent tous les experts internationaux, à maintenir les efforts de consolidation de notre réseau public de la santé et des services sociaux.

Le recul du gouvernement quant à cette mesure révèle aussi l’écueil des bluffs à répétition qui ne font que faire fondre la confiance de la population. La gestion par ballon d’essai a définitivement atteint ses limites.

Le gouvernement doit travailler à consolider notre tissu social, non à le déchirer!


[1] Son manifeste  https://cssante.com/manifeste/

[2] INSTITUT NATIONAL DE SANTÉ PUBLIQUE DU QUÉBEC (2003). La gestion des risques en santé publique – Cadre de référence québécois, [En ligne], INSPQ (août). [inspq.qc.ca/es/node/1111]. 

[3] COMITÉ D’ÉTHIQUE DE SANTÉ PUBLIQUE (2021). Avis sur la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé contre la COVID-19, [En ligne], Institut national de santé publique, p. 3. [inspq.qc.ca/sites/default/files/publications/3091-avis-vaccination-obligatoire-travailleurs-sante-covid19.pdf]. 

Analyse, chronique et lettre ouverte

En suite de la Mise à jour économique du gouvernement Legault le 13 novembre dernier, la Coalition Main rouge lançait une campagne pour sensibiliser à l’importance d’améliorer le filet social québécois, particulièrement en ces temps de pandémie et pour l’avenir !

La question qui vient inévitablement ensuite c’est : comment pourra-t-on se payer tout ça, même si nous savons que c’est un important “investissement” social ? Voilà que plusieurs forces politiques rappellent que beaucoup d’entreprises ont fait des gains importants, en pleine pandémie, alors que les gouvernements et la vaste majorité des citoyenNEs devaient conjuguer avec plus de dépenses et moins de revenus… La proposition de 10 milliards de solutions est souvent présentée. Il semble que ça ne soit pas une lubie des groupes progressistes de notre société. En effet, la vaste majorité des canadiennes et canadiens, et des québécois et québécoise particulièrement, sont d’accord avec “une plus grande imposition du 1% le plus riche de la société”, voire même des entreprises, surtout celles qui ont fait des “gains excessifs” dans cette période de crise.

«Avec la préoccupation qui existait déjà concernant le fossé entre les riches et les autres, il existe une marge de manœuvre pour les politiciens qui cherchent des options permettant de lever des fonds et qui semblent équitables dans les circonstances» contextualise l’article paru dans le Journal de Montréal.

Consultez aussi les résultats du sondage [en anglais] mené par la firme Abacus Data sur la faveur pour une plus grande imposition des plus riches.

Partagez aussi les revendications de la Coalition Main Rouge, ralliez pour le financement d’un plus fort filet social !

Non classé Revue de presse Services publics

Communiqué ( http://www.fsss.qc.ca/ )

Déçue d’une mise à jour économique qui fait fausse route, la Coalition Main rouge, qui regroupe des organisations sociales, communautaires, syndicales et féministes, lance aujourd’hui une pétition exigeant du gouvernement qu’il mette en œuvre, dès le prochain budget, des solutions fiscales qui lui permettront de financer le nécessaire renforcement du filet social québécois.

La pétition peut être signée sur le site de l’Assemblée nationale ou à partir du lien suivant : filetsocial.com

En tenant mordicus à viser un retour à l’équilibre budgétaire en 5 ans, sans remettre en question les versements au Fonds des Générations et sans vouloir augmenter la contribution fiscale des plus riches et des grandes entreprises, le ministre des Finances Éric Girard laisse planer un retour à l’austérité que craignent les organisations sociales. Selon la Coalition Main rouge, la crise sanitaire liée au coronavirus montre pourtant, de façon macabre, les conséquences des politiques néolibérales qui ont affaibli les services publics et les programmes sociaux sur la population. Selon les organisations sociales, le système de santé et les services sociaux sont à bout de souffle, étouffés par des années de compressions. Les réseaux de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, mais aussi des services à la petite enfance, doivent également remplir leur mission, mais avec de moins en moins de ressources pour y arriver.

« Les programmes sociaux ont eux aussi été sous-financés, ce qui a contribué à maintenir des centaines de milliers de personnes dans la pauvreté et à aggraver la crise du logement. La pandémie affecte plus durement les populations les plus défavorisées, elle révèle sans ambiguïté les conséquences désastreuses des inégalités sociales et économiques » déplore Jeff Begley, président de la FSSS-CSN, un des groupes membres de la Coalition.

Pendant ce temps, les groupes d’action communautaires autonomes dont la population s’est dotée pour défendre ses droits et améliorer ses conditions de vie manquent de moyens pour réaliser leur mission.

« Déjà à bout de souffle après avoir essuyé les impacts des années d’austérité, les organismes communautaires se sont relevé les manches pour faire face à la pandémie. Mais pour combien de temps arriveront-ils à garder le cap si des investissements majeurs se sont pas au rendez-vous rapidement ? », s’inquiète Tristan Ouimet-Savard, du Réseau québécois de l’action communautaire autonome, également membre de la Coalition.

Après deux années de surplus, pendant lesquelles il n’a pas réinvestit suffisamment, la Coalition Main rouge doute que la façon dont le ministre des Finances prépare déjà le retour à l’équilibre budgétaire soit la meilleure, alors qu’il dit ne pas vouloir toucher aux impôts. Selon les groupes sociaux, cela se traduira inévitablement par de nouvelles compressions et des hausses de tarifs.  La Coalition, qui a déjà élaboré un plan qui rapporteraient à terme 10 milliards $  annuellement, presse du Québec d’adopter une fiscalité plus progressive pour se donner les moyens de lutter contre les inégalités socio-économiques avec ambition et mettre en œuvre une relance porteuse de plus de justice sociale.

« Pour être juste, cette relance post-pandémie doit passer par des investissements pour améliorer l’éducation, les services de garde éducatifs, les soins de santé et les services sociaux, ou les services aux jeunes ayant des besoins particuliers, aux personnes en situation de handicap, ou encore pour améliorer l’accès à la justice, réaliser un vrai chantier de logements sociaux, permettre aux personnes aînées de vivre dans la dignité, adopter des mesures ambitieuses de lutte contre la pauvreté et l’itinérance et une meilleure protection de la faune et de l’environnement » énumère Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU, au nom de la Coalition .

Selon la Coalition, la CAQ fait fausse route en priorisant les investissements à visée strictement économiques, Investir pour réduire les inégalités sociales aura, selon elles, des retombées économiques locales durables qui bénéficieront à la majorité de la population.

Pour les groupes sociaux, le prochain budget du Québec déterminera en grande partie notre capacité collective à traverser cette crise, et à mieux traverser celles qui pourraient survenir.

« La population du Québec a suffisamment souffert du désinvestissement dans les services publics et les programmes sociaux. Il est grand temps de s’engager réellement dans le renforcement de notre filet social en finançant adéquatement services publics, programmes sociaux et action communautaire autonome » rappelle Benoit Lacoursière, secrétaire général de la FNEEQ-CSN, également porte-parole de la Coalition.

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