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Dans son discours, le ministre a déclaré avoir «trouvé des finances publiques en bon état» en arrivant en octobre. «Peut-être que dans les livres comptables, ça allait bien, mais sur le terrain, c’était une autre histoire», commente Jacques Benoit, coordonnateur de la Coalition. «Ça fait plus de dix ans que les budgets de la Santé et des services sociaux (SSS) sont inférieurs au maintien du niveau de services et de soins, on parle d’un manque accumulé de plusieurs milliards de dollars juste répondre aux besoins de base, sans rien ajouter, et tout ce que nous dit le ministre, c’est que son budget et ses investissements vont maintenir ce manque, sans plus. Il n’y a pas de quoi être fier», continue M. Benoit.

La Coalition n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi le gouvernement se refuse d’attaquer l’un des postes budgétaires les plus dispendieux inutilement pour les finances publiques, à savoir le régime d’assurance médicaments hybride privé public. «Lors de son passage au huis clos, j’ai demandé au ministre s’il avait lu tous les rapports et études qui ont été envoyés à ses prédécesseurs démontrant qu’on pourrait économiser jusqu’à 3 G$ par année en rendant entièrement publique notre assurance médicaments. Il m’a répondu qu’il discutait de cela avec le fédéral. J’ai ajouté que c’était dans son champs de compétence, comme l’avait dit la ministre McCann, qu’il pouvait agir seul, comme le gouvernement l’avait fait en 1996 en mettant sur pied le régime actuel. Il m’a répondu que ce n’était pas le moment de discuter de cela aujourd’hui, et il est parti rapidement», raconte M. Benoit. «Si ce n’est pas le moment de discuter de finances publiques le jour du dépôt du budget, je me demande bien quand est-ce que ce sera pertinent», demande M. Benoit.

Le Plan budgétaire du gouvernement prévoit des investissements additionnels de 7,3 G$ pour deux missions qu’il juge prioritaires: 2,4 G$ sur 5 ans en Éducation et enseignement supérieur, et 4,9 G$ sur 6 ans en Santé et Services sociaux. «Avec des économies de 3 G$ par année sur le prix des médicaments, le gouvernement pourrait doubler ses investissements sur 5 ans, sans que ça ne lui coûte plus cher, et là, on pourrait rattraper le manque à gagner accumulé sous les régimes libéraux Charest-Couillard, et le ministre pourrait se vanter de vraiment répondre aux besoins grandissants de la population», dit M. Benoit.

La Coalition est encore plus déçue de la place réservée à la lutte au réchauffement climatique. Le ministre écrit que son gouvernement «répondra à l’urgence climatique, et qu’il le fera en s’assurant que les Québécois ne soient pas pénalisés.» Et il annonce des investissements de près de 1 G$ sur deux ans. «Il est difficile de penser que le gouvernement a vraiment saisi l’urgence d’agir contre le réchauffement climatique: ce thème est le cinquième sur les sept que compte le budget», fait remarquer Jacques Benoit. «Avec les impacts immédiats, et en augmentation, sur la santé de la population, et l’hypothèque grandissante que cela fait peser sur l’avenir de notre jeunesse, le ministre avait la chance de présenter la lutte au réchauffement climatique comme celle autour de laquelle s’articulent tous les autres axes d’intervention gouvernementale. Ce n’est pas un élément parmi d’autres, c’est celui qui va déterminer nos conditions de vie et de santé pour plusieurs décennies, voire notre survie. Il nous faut changer radicalement la façon de répondre à nos besoins en société. Ce n’est pas un détail, c’est fondamental», affirme M.Benoit.

La Coalition craint entre autres les prochaines canicules de l’été qui vient, et leurs impacts sur la population. Solidarité santé rappelle que lors d’épisodes de chaleur extrême, les personnes  particulièrement vulnérables sont les bébés et les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes souffrant de troubles cognitifs ou de santé mentale, les personnes atteintes d’une maladie chronique et les personnes consommant certaines classes de médicaments. De même certains facteurs de risque augmentent la vulnérabilité, comme les personnes vivant seules, sans réseau de soutien, les personnes vivant dans un état de pauvreté, les personnes travaillant à l’extérieur ou dans un environnement chaud, et les personnes pratiquant un sport ou une activité intense à l’extérieur. Et l’addition ou la combinaison de plusieurs critères en augmente le degré de dangerosité.

La Coalition rappelle également que l’été dernier, le personnel des établissements de SSS devait, en plus de ses tâches régulières, courir pour tenter de rafraîchir un tant soit peu les personnes sous leurs soins. Solidarité santé aurait apprécié que le gouvernement se préoccupe du personnel qui prend soin de celles et ceux qui ont besoin de soins et services.

«Mais ce n’est pas le cas», dit M. Benoit. Puis, à l’intention des élus, il ajoute: «Vous avez raison, messieurs Legault, Girard et Dubé: ce que vous nous avez présenté aujourd’hui, ce sont VOS priorités, VOTRE budget, pas ceux des Québécoises et des Québécois», conclut-il.

À propos de la Coalition solidarité santé.

 

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SOURCE Coalition Solidarité Santé

 

Renseignements: Jacques Benoit, Coalition solidarité santé, Téléphone : 514 442-0577

 

 

 

Communiqués Services publics

Vous exercez le pouvoir au moment précis où le climat frôle un emballement irréversible et où la vie sur Terre pourrait être menacée si des mesures draconiennes ne sont pas prises immédiatement. Ce contexte bouscule vos priorités et exige de vous un leadership qui tient presque de l’héroïsme.

Accepterez-vous ce rendez-vous que l’histoire vous a donné?

Admettez que l’urgence climatique n’est pas un poste budgétaire comme un autre. L’urgence climatique doit tout changer. Elle va tout changer, quoi que vous fassiez, mais vous avez le pouvoir d’orienter le changement.

Vous pouvez laisser le Québec devenir une victime impuissante du chaos économique, sanitaire et social qui s’installera inévitablement au fil des événements météos extrêmes. Ou, au contraire, vous pouvez choisir d’investir massivement dans la résilience de notre société. Soutenir le déploiement des forces du changement qui sont déjà à l’œuvre, partout au Québec. Financer la transition porteuse de justice sociale et intergénérationnelle.

Il faut que l’urgence climatique soit comprise et assumée. Réservez une enveloppe pour l’éducation climatique de toutes et tous – des élu.e.s aux citoyen.ne.s en passant par les acteurs et actrices sociaux, médiatiques et économiques. Prévoyez un budget pour un vaste exercice de dialogue social.

Il faut diminuer la consommation de carburants fossiles. Augmentez encore les sommes prévues pour le transport actif et collectif. Annoncez la fin des ventes de voitures thermiques en 2035 et d’ici là, imposez un malus digne de ce nom aux grosses cylindrées. Créez une ligne, dans votre budget, pour rémunérer le covoiturage. Biffez celles que vous pensiez consacrer à l’expansion du réseau autoroutier, au risque de décevoir certains des 1,5 million d’électeurs qui ont voté pour vous. Ayez ce courage. Pensez aux 1,6 million de jeunes qui n’avaient pas le droit de vote le 1er octobre dernier. Répondez au cri du cœur lancé par La Planète s’invite à l’école.

Il faut éliminer le chauffage aux énergies fossiles. De grâce, cessez de subventionner le gaz et le réseau gazier. Interdisez le chauffage au mazout et réservez des fonds pour remplacer les systèmes de chauffage au gaz. Financez la requalification des travailleurs et travailleuses touchés par ce virage.

Il faut créer une économie qui se nourrit de sobriété. Annoncez l’interdiction prochaine des objets à usage unique, du gaspillage alimentaire, du suremballage et de l’obsolescence programmée. Affectez des enveloppes substantielles à l’efficacité énergétique, à l’économie circulaire, au zéro déchet, à l’entretien, à la réparation et à la revalorisation des objets. Financez les municipalités qui lanceront des programmes pour bannir les déchets à la source.

Il faut combattre les effets des sécheresses et relever les capacités de séquestration du carbone des sols et des forêts. Complétez rapidement le réseau d’aires protégées identifiées et cessez les coupes forestières dans les territoires d’intérêt. Financez la régénération des sols dégradés. Libérez le territoire de l’emprise d’entreprises sans scrupules en réinvestissant dans l’accompagnement indépendant des producteurs.

Il faut soutenir les cultures à faible empreinte carbone et augmenter l’autosuffisance alimentaire du Québec. Elle est passée de près de 80 % il y a 30 ans à environ 35 % aujourd’hui. Réformez le financement agricole et taillez une place de choix à la relève qui aspire à réinventer l’agriculture au Québec.

Vous voulez remettre de l’argent dans les poches des Québécoises et des Québécois? Créer de bons emplois? Accroître la justice sociale? Tous les exemples qui précèdent vous fournissent l’occasion de le faire d’une manière qui fera honneur à votre rôle de Chef du gouvernement. C’est ce que nous attendons de vous.

Alexandre Thibodeau, Déclarations climatiques

Alice-Anne Simard, Eau Secours

André Bélisle, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)

Audrey Yank, Coalition vigilance oléoducs

Bruno Detuncq, Mobilisation Environnement Ahuntsic-Cartierville

Carole Dupuis, Mouvement écocitoyen UNEplanète

Catherine Gauthier, ENvironnement JEUnesse (ENJEU)

Céline Lachapelle, Action Environnement Basses Laurentides

Christian Simard, Nature Québec

Claire Bélanger, Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ)

Claude Vaillancourt, ATTAC Québec

Claude Vallières, Les Amis de la Chicot de Saint-Cuthbert

Denise Laprise, Montmagny en transition

Dominic Champagne et Laure Waridel, Le Pacte pour la Transition

Dominic Vézina, La planète s’invite à l’école / Pacte de l’école québécoise

Éric Ferland, Foire ÉCOSPHÈRE

François Geoffroy et Thiery Arnold, La Planète s’invite au Parlement

Geneviève Malenfant-Robichaud, Pétroliques Anonymes

Geneviève Richard, Fondation Coule pas chez nous

Gérard Montpetit et Jocelyne Desgranges, Comité Non Schiste La Présentation

Guy Boudreau, Comité Vigilance Hydrocarbures de Lavaltrie

Guy Rochefort et Annabelle T. Palardy, Comité des citoyens et citoyennes pour la protection de l’environnement maskoutain

Irène Dupuis, Lotbinière en transition

Jacques Benoit, Coalition solidarité santé

Jean-François Boisvert, Coalition Climat Montréal

Johanne Barbeau, Comité Vigilance Hydrocarbures l’Épiphanie

Joyce Renaud, Mobilisation climat Trois-Rivières

Louise Morand, L’Assomption en transition

Lucie Léger, Comité Vigilance hydrocarbures Saint-Sulpice

Maxime Laplante et Marie-Josée Renaud, Union paysanne

Michel Jetté et Louise Sabourin, GMob

Normand Beaudet, Centre de ressources sur la non-violence

Odette Sarrazin, Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ)

Pascal Bergeron, Environnement Vert Plus

Patricia Posadas, Prospérité sans pétrole

Patrick Bonin, Greenpeace

Pierre Foisy, Comité Vigilance Hydrocarbures de la MRC de Maskinongé

Réal Lalande et Christine Mageau, Action Climat Outaouais – ACO

Sandrine Louchart, AmiEs de la Terre de Québec

Sarah Pezet, Transition Capitale Nationale

Thérèse Jean, Comité vigilance hydrocarbures MRC des Chenaux

 

Publiée dans Le Soleil.

Analyse, chronique et lettre ouverte Changements climatiques Financement Services publics

Montréal. – La Coalition solidarité santé salue la nomination de madame Danielle McCann à la tête du ministère de la Santé et des Services sociaux (SSS). La Coalition souhaite que la nouvelle ministre manifeste de l’ouverture et de l’écoute aux salarié.e.s qui oeuvrent dans le réseau public de SSS, et à sa défense. 

Solidarité santé croit que la ministre doit s’attaquer sans tarder à quatre grands dossiers : rétablir la démocratie, rendre entièrement publique notre assurance médicaments, renforcer nos services publics et agir contre la crise climatique.

La Coalition accueille favorablement les orientations de la CAQ en santé : décentralisationcollaboration, et écoute, toutes choses ayant totalement fait défaut au ministre Barrette pendant son règne de quatre ans et demi. Du même souffle, la Coalition invite la ministre à les concrétiser en rétablissant la démocratie dans le réseau public de SSS, et en impliquant les communautés, les usagères et usagers et le personnel des différents établissements dans la gestion des soins et services, recréant au besoin les Conseils d’administration locaux. Des instances qui rapprochent les lieux de décisions des lieux de prestations facilitent les constats de problèmes et les solutions adéquates aux réalités du terrain, qui peuvent différer d’un établissement à l’autre, d’une région à l’autre, d’une population à une autre. « Moins de lean et plus de démocratie rendra le réseau plus pertinent, efficace et efficient», indique Jacques Benoit, coordonnateur de la Coalition solidarité santé.

La CAQ s’est aussi engagée pendant la campagne électorale à faire la lutte au gaspillage, affirmant que les gens n’en ont pas pour leur argent, et qu’il fallait remettre de l’argent dans leurs poches. La Coalition solidarité santé rappelle à la ministre que l’un des gaspillages les plus éhontés, auquel l’ancien ministre et son gouvernement avaient refusé de s’attaquer, est notre régime hybride privé-public d’assurance médicaments, qui fait qu’au Québec nos médicaments nous coûtent 30 % plus cher que dans la moyenne des autres pays développés. Une simple comparaison internationale montre que 500 comprimés d’un médicament générique populaire, le Lipitor (Atorvastatine), coûtent  28 $ en Nouvelle-Zélande, 104 $ en Allemagne, mais 204 $ au Québec. En rendant notre régime d’assurance médicaments entièrement public, et en faisant des appels d’offres, le Trésor public pourrait économiser jusqu’à 3 milliards $ par année. Cela laisserait également plus d’argent dans les poches des citoyen.ne.s qui consomment des médicaments et pourrait diminuer les coûts d’assurances collectives des employé.e.s et de leurs employeurs, un soutien économique qu’ils apprécieraient assurément.

Selon la Coalition, ces économies pour le Trésor public pourraient être réinvesties pour renforcer et améliorer nos services publics, principalement en SSS, mais aussi en éducation, dans les services de garde, etc. De bons services publics adéquats et accessibles font économiser temps et beaucoup d’argent aux parents, aux familles et à toute la population qui n’a pas à dépenser pour des services privés qui lui coûtent beaucoup plus cher, qui sont moins accessibles, et pour lesquels, la plupart du temps, elle n’a pas les moyens. « Voilà une bonne façon de remettre de l’argent dans les poches des Québécois.e.s », de dire encore Jacques Benoit.

Enfin, comme nouvelle ministre de la Santé, madame McCann doit responsabiliser tout son gouvernement pour qu’il s’implique sans tarder dans la lutte pour inverser le réchauffement climatique. « On n’invente rien : le secrétaire général de l’ONU a déclaré il y a un mois que les deux prochaines années vont être déterminantes si on ne veut pas risquer des conséquences désastreuses », affirme Jacques Benoit. 

Pour la Coalition, la ministre a la responsabilité des conditions de santé de la population, son gouvernement doit engager des actions concrètes et il doit agir MAINTENANT. On se rappellera les canicules de l’été dernier qui ont causé une centaine de morts. « Ces canicules seront plus nombreuses et plus intenses dans les années à venir, ce qui entraînera une augmentation sensible du nombre de morts », craint M. Benoit.

Pour Solidarité santé, la ministre doit aussi s’assurer que soient mises en place des mesures de protection pour réduire l’impact de la chaleur des prochaines canicules. « Il faut protéger les personnes qui reçoivent les soins et services et qui sont vulnérables, mais aussi prendre soin du personnel qui en prend soin », ajoute Jacques Benoit.

La Coalition solidarité santé offre sa collaboration à la ministre et au nouveau gouvernement pour mener ces quatre dossiers de front, parce qu’ils sont interreliés les uns aux autres.

« En cessant de payer trop cher nos médicaments, on dégagera des marges de manœuvre financières pour renforcer notre réseau public, et en y impliquant démocratiquement les gens dans les différentes régions, on s’assurera que les bons soins et services soient rendus, et que soient mises en place les mesures de protection adéquates face au réchauffement climatique», conclut Jacques Benoit.

 

À propos de la Coalition.

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SOURCE : Coalition solidarité santé  

Renseignements : Jacques Benoit, Coalition solidarité santé, 

                                Téléphone : 514 442-0577

 

Communiqués Services publics

Ce soir, nous avons essayé de comprendre les raisons qui ont amené le gouvernement de l’époque à fusionner des établissements de santé qui assumaient plutôt correctement leur mandat, pour en faire de très gros établissements où les diverses missions ont été fusionnées tant bien que mal, mais surtout mal, et en précisant un nouveau mandat : la mise sur pied de réseaux locaux de services.

En 2004, le Ministre Couillard avait dit que le privé ne pouvait concurrencer le public parce que la société québécoise n’avait pas permis que se développe un système privé fort comme aux USA. Il avait dit aussi que sa réforme prendrait dix ans à jouer son rôle.

À quel rôle faisait-il allusion? Vous vous souvenez du slogan du gouvernement Charest : le privé au service du public?… En fait, ce fut exactement le contraire : utiliser le public au service du privé, les ressources publiques pour le développement du privé. 

Ce soir, on a entendu des gens nous parler :

– d’hospitalo-centrisme, au niveau des budgets, des territoires, du curatif, des médicaments, de la technologie;

– d’organisation du travail où le médecin est au centre avec son hôpital. ou c’est l’hôpital qui est au centre avec ses médecins, c’est selon;

– de la promotion de la santé et de la prévention qui ont été perdantes;

– du fait que nous savions comment faire des équipes multidisciplinaires mais que nous ne les avions pas toujours faites;

– qu’il y a confusion chez le personnel, et plus encore chez les personnes soignées sur qui fait quoi, on ne le sait pas toujours;

– qu’il y a des résultats variables selon les régions avec des bons et des mauvais coups;

– que les critiques que nous faisons du réseau sont utilisées contre nous par les tenants de la privatisation;

En fait, selon qu’on est un gestionnaire ou ex-gestionnaire qui avait des objectifs à défendre, un citoyen qui a besoin de soins et services et qui ne sait plus où s’adresser pour les trouver, un ex-employé qui a pris sa retraite à temps et qui compare maintenant avec avant, un employé actuel du réseau qui se fait presser comme un citron jusqu’à être sur le bord d’une dépression, bref, selon qui nous sommes, nous avons des points de vue différents sur ces fusions. 

Mais une chose semble tous nous rejoindre : entre ce qu’on nous avait dit, les objectifs qu’on nous avait présentés, et ce qui en a résulté, il y a une marge plutôt importante, sinon, une contradiction flagrante. 

Et on pourrait risquer une explication.

Au ras des pâquerettes, ce qu’on voit, c’est que l’aboutissement de cette fusion a été la mise sur pied des réseaux locaux de services, sorte d’excroissances artificielles du réseau public. Ces réseaux locaux de services sont devenus des réseaux parallèles de services, composés de privé, d’économie sociale et de communautaire, pouvant concurrencer le secteur public dans l’accomplissement des soins et services, tout en rongeant de plus en plus les budgets publics. Les immenses CSSS ont utilisé les réseaux locaux de services pour réduire les soins et services que leurs composantes assumaient auparavant, et en transférer graduellement la prestation en sous-traitant des organismes privés, d’économie sociale et communautaires.

N’oublions pas que d’autres lois ont été adoptées à peu près à la même époque pour s’arrimer avec les fusions d’établissements :  

• la loi 30 qui fusionnait les accréditations syndicales, en regroupant le personnel en 4 grands groupes;

• la loi 31, qui modifiait l’article 45 du code du travail pour faciliter la sous-traitance et la privatisation, 

• puis un peu plus tard la loi 33 autorisant des chirurgies au privé. 

10 ans plus tard, on y est : force est de constater qu’on a utilisé les ressources du public au service du privé.  On a ainsi sous-traité des services d’entretien, de buanderie, d’alimentation, de fournitures médicales, des services à domicile, des chirurgies, des agences de personnel, et on a utilisé des PPP pour des hôpitaux, dans l’hébergement, etc. En dix ans, la sous-traitance, la privatisation, l’économie-socialisation, la communautarisation et les PPP ont pris place et sont mieux implantés partout dans notre système public de santé et de services sociaux. 

Et 10 ans après, pour nos gouvernements, PLQ-PQ confondus, il est temps de passer à une autre étape, et renforcer le tout pour que ça se développe encore plus.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement Charest, au printemps 2012, avait mis sur pied le Groupe d’experts sur le financement par acte. Dès son élection, à l’automne 2012, le PQ s’est empressé de confirmer le mandat de ce comité, le renommant au passage Groupe d’experts sur le financement axé sur les patients.

Ce mode de financement est l’instrument budgétaire par lequel va se poursuivre la sous-traitance, la privatisation, et le développement du système privé de soins et services.  

Parce que… Quand on établit un prix pour chaque chose, qu’on met en concurrence les prestataires et leurs services, que le moins cher devient le meilleur, qu’on vise le volume plutôt que la qualité, quand le patient est vu comme un « revenu », ce n’est plus de la santé, c’est un marché! 

Et l’assurance autonomie va permettre d’enraciner plus profondément les principes et lois du marché en autorisant et en rémunérant à contrat des dizaines et des dizaines de prestataires différents, tant pour les services professionnels de base que pour les soins à la personne et l’aide domestique. 

Bien sûr, on nous dira qu’il s’agit de la poursuite du développement des réseaux locaux de services, mais ce sera le privé sous toutes ses formes qui grugera de plus en plus les services accomplis par le personnel du secteur public, et s’accaparera du budget de la santé pour son propre profit. 

Et les patients, eux, qui seront vus dorénavant comme des « revenus »?… Ils devront débourser de plus en plus de leurs poches pour obtenir des soins et services nécessaires au maintien de leur état de santé, ou alors s’en remettre à leurs proches aidantes.

Ce soir, en voulant en faire le bilan, nous devons constater que les fusions ont été l’élément central d’un vaste plan d’utilisation des ressources de notre système public de services sociaux et de santé pour développer les services privés, pour que les dizaines de milliards de $ du budget de la santé ne soient plus à l’abri du monde privé des affaires.

Ce soir, nous n’avons peut-être pas de solutions concrètes à proposer. Mais ce soir, nous devons être conscients plus que jamais qu’il nous faut alarmer nos concitoyennes et concitoyens : il y a plus qu’un loup dans la bergerie, et le reste de la meute attend à la porte.

En sortant, vous trouverez sur la table notre manifeste pour un système public de services sociaux et de santé. Prenez-le, lisez-le, passez-le autour de vous et discutez-en. 

Et au moment où tous les partis sillonnent le Québec, plus que jamais, nous devons leur répéter que la santé, c’est pas une occasion d’affaires!

La santé, c’est un droit.

Et au Québec, comme peuple, on a déjà fait ce choix!

 

Jacques Benoit, 

Coordonnateur de la Coalition solidarité santé

La mise au jeu de la soirée.

Voir le communiqué de presse.

Résumé des présentations et conclusions des panélistes.

Voir l’intégralité de l’assemblée.

Allocutions et discours Documents Services publics

Montréal. – Le 24 avril en soirée, la Coalition solidarité santé organisait une assemblée publique portant sur le mode de rémunération des médecins. Pour la Coalition, alors que les élections provinciales approchent, il faut s’assurer d’inclure la réflexion sur le mode de rémunération des médecins dans les enjeux prioritaires en santé et services sociaux.

Alors que le débat sur la rémunération médicale continue de susciter un intérêt sur la place publique, cette assemblée rassemblait plusieurs conférenciers et conférencières de marque et une centaine de participantes et participants. Le Dr Hugo Viens, président de l’Association médicale du Québec (AMQ), la Dre Isabelle Leblanc, présidente des Médecins québécois pour le régime public (MQRP), Mylaine Breton, cochercheure pour le rapport commandé par le Commissaire à la santé et au bien-être sur la rémunération des médecins, leur pratique et la performance du système de santé, et Guillaume Hébert, chercheur à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) ont pris la parole comme panélistes lors de cette assemblée publique.

Pour la Coalition solidarité santé, il est nécessaire de revoir le mode de rémunération des médecins, non seulement pour freiner la hausse salariale faramineuse des médecins, mais surtout pour mieux lier la rémunération médicale à l’amélioration des soins à la population. Le mode de rémunération à l’acte entraîne un lot d’exagérations et force notre réseau public à faire primer le curatif sur la prévention et la santé publique. Au total, par année, le nombre de réclamations des médecins à la RAMQ se chiffre à 55 millions. Même la Vérificatrice générale a admis qu’il était impossible de contrôler tant de réclamations. Ce mode de rémunération encourage la multiplication des actes médicaux inutiles, la surfacturation, la surmédicalisation, le volume à tout prix et pèse lourdement sur le budget de la santé et des services sociaux.

«Le mode de rémunération des médecins ne doit surtout pas rester dans l’ombre du débat public sur la rémunération médicale. Il s’agit d’un enjeu de santé tant de par les budgets qui y sont reliés que par le mode de soins et services qui en découle, et le type de politique qu’il sous-tend. Revoir le mode de rémunération des médecins est nécessaire pour mieux utiliser les investissements publics en santé et services sociaux. Mais c’est aussi un passage obligé pour améliorer le travail interdisciplinaire dans le réseau», explique Jacques Benoît, coordonnateur de la Coalition solidarité santé.

La Coalition invite la population à signer la pétition sur le site de l’Assemblée nationale demandant la révision du mode de rémunération des médecins pour un plus grand accès aux services de santé et aux services sociaux.

À propos de la Coalition solidarité santé

La Coalition solidarité santé regroupe une trentaine d’organisations syndicales, communautaires et religieuses. Depuis sa fondation en 1991, ses actions ont toujours été motivées par la défense du droit à la santé pour l’ensemble de la population québécoise, et ce, sans égard au statut ou au revenu des citoyennes et des citoyens. Elle défend le caractère public, la gratuité, l’accessibilité, l’universalité et l’intégralité des services de santé et des services sociaux.

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SOURCE Coalition Solidarité Santé

Renseignements : Jacques Benoit, 514-442-0577

Voir l’annonce de l’assemblée publique et les documents pertinents.

Voir la captation vidéo de l’assemblée.

Communiqués Services publics