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Au début des années 1990, treize organisations se réunissaient pour réagir au projet gouvernemental d’imposer un ticket orienteur et l’impôt-service.  Dix ans plus tard, près d’une quarantaine d’organisations syndicales, communautaires et religieuses et des comités de citoyens, toujours réunis au sein de  la Coalition, continuent à défendre avec la même énergie le droit à la santé au Québec. 

Pour Marie Pelchat, «le travail de la Coalition est aussi essentiel aujourd’hui qu’il ne l’était à ses débuts. Hier, la tendance lourde était à la privatisation, aujourd’hui, elle est à la marchandisation. Dans un cas comme dans l’autre, on vise à socialiser les pertes et à privatiser les profits. C’était inacceptable hier et ce n’est pas plus acceptable aujourd’hui», affirme la porte-parole de la Coalition.

Autonome financièrement depuis sa fondation, la Coalition n’a jamais craint de faire entendre une voix différente : celle des citoyennes et des citoyens qui ne disposent pas de lobbys pour influencer les décisions gouvernementales mais qui ont tout à perdre à leur laisser occuper seul tout l’espace politique.

Ce 10e anniversaire sera souligné lors d’un cocktail qui aura lieu le 30 août prochain à 17h00 au 1601 rue de Lorimier, salle B.

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Communiqués

Pour la Coalition Solidarité Santé, le gouvernement québécois ne peut penser adopter un projet de loi sur l’élimination de la pauvreté sans y inclure des mesures concrètes qui l’obligeront à revoir plusieurs décisions gouvernementales dans le domaine de la santé et des services sociaux. Des études de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont d’ailleurs largement démontré qu’investir dans la santé est un puissant moyen de lutter contre la pauvreté tout en favorisant le développement économique et social des peuples.

Selon la porte-parole de la Coalition Mme Marie Pelchat, le gouvernement doit abolir, avec l’adoption du projet de loi 98,  la contribution à l’assurance-médicaments qu’il exige des personnes ayant des revenus inférieurs au seuil de faible revenu, certes mais il doit aussi remettre en question plusieurs décisions prises au cours de la dernière décennie à savoir  la tarification des services à domicile et particulièrement des services d’aide domestique aux personnes ayant des incapacités, la couverture des soins dentaires aux enfants et des soins optométriques, l’achat de services dans le secteur privé faute d’avoir accès aux services dans le secteur public – physiothérapie, services psychologiques, résonance magnétique,  pour ne citer que ces exemples.

La Coalition rappelle que le Québec est la province où les dépenses privées de santé croissent le plus rapidement au Canada et qu’il est temps que le gouvernement québécois donne un sérieux coup de barre.  Les dépenses privées de santé atteignent aujourd’hui près de 700 $ par année par personne, ce qui est au-delà de la capacité de payer d’une majorité de citoyennes et de citoyens.

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Communiqués

Pour la Coalition sur l’assurance médicaments, la Coalition Solidarité Santé et la Coalition des médecins pour la justice sociale, il ne fait aucun doute que le projet de loi 98 sur l’assurance médicaments ne réglera pas les principaux problèmes  auxquels est confrontée la population à l’égard de l’accès aux  médicaments.

Il est indéniable que le projet de loi 98 préserve les avantages de compagnies pharmaceutiques trois plus lucratives que les banques et des assureurs privés qui tirent largement profit de la situation.  Le lobby des compagnies pharmaceutiques et celui des assureurs ont été très bien entendus du gouvernement au détriment de l’intérêt collectif de tous les citoyens et toutes les citoyennes du Québec.

«A qui doit d’abord profiter le régime d’assurance médicaments ? C’est à cette question que devra répondre la Commission des affaires sociales, qui débutera l’étude du projet de loi cette semaine.  Cette fois-ci nous espérons que la commission  penchera en faveur des citoyennes et des citoyens», disent d’une seule voix les trois grandes coalitions en santé du Québec.

L’accès aux médicaments toujours compromis

«Même si le ministre Legault affirme que son gouvernement a pris soin de protéger les plus faibles, il n’en demeure pas moins qu’on demande à des personnes assistées sociales n’ayant que 6400 $ par année pour vivre d’allouer plus de 3 % de leurs revenus à l’achat de leurs médicaments. Des personnes âgées avec le supplément de revenu garanti peuvent être appelées à y consacrer plus de 4 % de leurs maigres ressources » note Jennifer Auchinleck porte-parole de la Coalition sur l’assurance-médicaments. 

Le gouvernement aurait dû pourtant répondre aux revendications  des groupes qui luttent contre la pauvreté et des experts de santé publique qui ont démontré que les contributions des personnes à faible revenu comportent d’importants risques de privations de médicaments .

Le gouvernement a amplement la capacité de financer la gratuité des médicaments pour les personnes à faible revenu, mais il  a fait un choix idéologique,  inspiré des idées réactionnaires du professeur Montmarquette. 

Une croissance débridée des coûts qui risque de se poursuivre

Pour Marie Pelchat, porte-parole de la Coalition Solidarité Santé, «les assureurs privés doivent se réjouir la mauvaise presse que le gouvernement alimente face au régime public d’assurance-médicaments.  La situation dans les régimes collectifs est tout à fait comparable  et même pire, mais on n’en parle peu . Les hausses de 15 à 18 % par année ne sont pas l’apanage au régime public et les ravages qui en découlent non plus. Présentement, des centaines de milliers de travailleurs et de travailleuses voient leurs revenus sévèrement amputés en raison de la hausse débridée et incontrôlée des coûts des médicaments.  Pendant ce temps, les assureurs privés profitent de la situation en tirant de plus en plus de bénéfices. Seul un régime universel et public peut mettre un holà à ce gaspillage.

Le gouvernement prévoit bien quelques «mesurettes» qui peuvent donner l’impression qu’il s’occupe du contrôle des coûts. Cependant on ne retrouve pas dans les recommandations gouvernementales «une politique d’achat au plus bas prix» ni même l’annonce «d’une politique du médicament»  alors que ces propositions avaient fait consensus lors des dernières consultations sur l’assurance médicaments. Le gouvernement nous propose bien une Table de concertation qui aura  pour mandat d’identifier les priorités et les actions à mener en matière d’utilisation des médicaments.  On fait entrer le loup dans la bergerie en permettant aux compagnies pharmaceutiques d’y siéger alors les citoyens en sont exclus.  On voit encore là où penche le gouvernement.

Les médecins doivent être les alliés de la population

Pour le porte-parole de la Coalition des médecins pour la justice sociale, Dr Paul Saba,  il est important que le gouvernement québécois réalise que les médecins québécois font l’objet d’une attention très particulière de la part des compagnies pharmaceutiques. Celles-ci multiplient les stratégies pour inciter les médecins à prescrire les médicaments les plus coûteux au détriment de d’autres parfois aussi efficaces. Certains experts estiment même que les compagnies investissent l’équivalent de 20 000 $ par année, par médecin au Québec.

«Les compagnies pharmaceutiques sont en conflit d’intérêt et c’est assez simple à comprendre. Elles n’ont aucun intérêt à rester neutres pour que les médicaments prescrits soient les plus efficaces et les moins coûteux si cela se fait au détriment de leurs profits. Actuellement, un des problèmes majeurs est le fait que les médecins ignorent très généralement le coût des médicaments qu’ils prescrivent. La hausse du nombre de prescriptions a certainement  quelque chose à voir avec le marketing de l’industrie pharmaceutique.  Or, le projet de loi 98 ne prévoit rien d’innovateur au chapitre des économies réalisables avec l’aide des médecins  pas plus qu’il ne balise les pratiques marchandes abusives de l’industrie pharmaceutique» conclut-il.

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Communiqués

Participant à la journée pancanadienne d’action sur la santé, la Coalition Solidarité Santé a décidé de faire l’étendage sur la corde «de la justice sociale», des attentes des Québécoises et des Québécois face au gouvernement Chrétien. Pour Marie Pelchat, porte-parole de la Coalition, «il est temps que le fédéral assume pleinement ses responsabilités en matière de santé et c’est ce que devrait lui rappeler la Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada présidée par M. Roy Romanow dans le rapport qu’elle doit déposer, au gouvernement Chrétien, l’automne prochain.»

Il est incontestable que certaines questions relèvent prioritairement du fédéral : la Loi canadienne  sur la santé, les traités de libre-échange, le financement du système public et l’émission de brevets aux  produits pharmaceutiques. « C’est dans ces dossiers que le fédéral doit concentrer ses énergies », ajoutent les porte-parole de cet événement citoyen, Marie Pelchat de la Coalition Solidarité Santé et Paul Lévesque, urgentologue à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

La Loi canadienne sur la santé

Pour la Coalition Solidarité Santé, les principes de gestion publique, d’universalité, d’accessibilité, d’intégralité et les deux interdictions (surfacturation et ticket modérateur) ne sont pas à remettre en question, d’autant plus que les lois provinciales les ignorent. 

Non seulement, le gouvernement fédéral doit les maintenir mais il est anormal qu’en 2002, ces principes soient limités aux services médicaux et hospitaliers. Le fédéral doit en élargir la portée pour couvrir les médicaments et les services à domicile, comme l’a recommandé le Forum national, il y a plusieurs années déjà.

Les traités de libre-échange

Dans les mois qui ont suivi la signature de l’ALÉNA, le gouvernement fédéral a réduit du tiers ses transferts aux provinces pour le financement de la santé. Depuis l’intensification des négociations de la ZLÉA en 1998, le gouvernement fédéral refuse de faire appliquer la Loi canadienne sur la santé. Ce fut notamment le cas avec les hôpitaux privés permis par la loi 11 en Alberta.

Non seulement le gouvernement canadien doit-il faire respecter rigoureusement la Loi canadienne sur la santé, il doit aussi fournir des garanties vérifiables que les services de santé seront effectivement exclus de la ZLÉA. La marchandisation et l’américanisation de notre système de santé sont des risques trop réels dans la perspective de l’intégration économique continentale pour qu’on aborde la question avec légèreté ou insouciance.

Les transferts fédéraux

En 1968, lors de la mise sur pied du système de santé, il a été convenu que l’assurance-santé serait un programme à frais partagés (50%-50%). Déjà en 1994, le fédéral ne finançait plus que 18 % et en 2002, ce n’était plus que 14 %.

Pour Marie Pelchat, «il est inadmissible que le fédéral ait unilatéralement revu l’entente initiale et qu’il invoque aujourd’hui un manque d’argent alors que le ministre des Finances engrange des surplus exorbitants».   «La déresponsabilisation fédérale ne sert pas les citoyens. Le gouvernement canadien se prive ainsi des moyens pour faire appliquer la Loi canadienne sur la santé», note Paul Lévesque.

La révision des privilèges consentis à l’industrie pharmaceutique

Toutes les recherches le démontrent, l’élément le plus inflationniste dans les soins de  santé voire même la plus grande menace au système de santé, c’est la croissance du coût des médicaments. Au Québec seulement, il en coûte aujourd’hui un milliard de plus qu’en 1996 et le ministre Legault prévoit une hausse du coût des médicaments de 420 millions par année pour le régime public seulement.

Le Canada, offre une protection aux compagnies pharmaceutiques parmi les plus généreuses au monde. Ne serait-il pas temps de remettre en question ces largesses à des compagnies trois fois plus lucratives que les banques alors que des citoyennes et des citoyens se privent de médicaments faute de pouvoir se les payer.

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Depuis près de 20 ans, tous les groupes qui ont étudié l’avenir du système de santé québécois ont été unanimes à réclamer une priorité à  l’accès à des services de santé et des services sociaux de première ligne. Pourtant, le gouvernement québécois fait fi des consensus en investissant, à ce moment-ci,  l’équivalent de deux stades olympiques dans la construction de bâtiments destinés à la livraison de services médicaux spécialisés et ultraspécialisés et un autre stade dans un projet de carte à puce dont l’efficacité n’a pas été démontrée. «C’est comme si on construisait le troisième et le quatrième étages d’un bâtiment sans s’être assuré de l’état des fondations et des premiers étages», précise Marie Pelchat, porte-parole de la Coalition Solidarité Santé.

Le gouvernement s’apprête à investir 2,5 milliards dans les centres universitaires et possiblement un autre milliard dans le projet de carte à puce alors qu’il se refuse à investir dans les services directs à la population.

D’ailleurs, 3,5 milliards, ce n’est pas peu dire. Ce qu’il en coûtera en remboursement en intérêts, capital et frais de fonctionnement supplémentaires soit près de 500 millions par an est l’équivalent du montant qui nous permettrait  de doubler le nombre de personnes (5000 travailleuses et travailleurs de plus) qui assurent  les services à domicile à un million de Québécoises et de Québécois ayant des incapacités.

Des questions centrales demeurent pourtant sans réponse. Des investissements de 1,3 milliard sont prévus au CHU McGill sans que n’ait été réglée la question de l’accès physique au site. Plus de 1,2 milliard sont prévus pour construire un CHUM sur un site remis en question par le président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec.

Des groupes et des personnes avisées ont notamment recommandé d’autres avenues qui n’ont pas été entendues. Toutes, constate la Coalition,  vont dans le sens de construire un ou des pavillons supplémentaires sur le site d’un hôpital existant. (La proposition David Levine  en 1995, alors qu’il était directeur de l’hôpital Notre-Dame qui chiffrait  la proposition à 235 millions, la proposition Marsan, la proposition des Médecins pour la justice sociale et  la proposition Lazure en 2002). Ces propositions alternatives visent toutes à répondre aux besoins spécifiques de la formation universitaire et d’autre part, à préserver nos investissements faits dans nos actuels hôpitaux montréalais. Elles ont notamment pour effet de ne pas réduire le nombre de lits alors que nous en manquons déjà cruellement. Ce qui n’est le cas avec les propositions retenues par le gouvernement québécois.

Le risque est grand que ces projets ne grugent toutes les marges de manœuvres pour l’amélioration des services à la population et ce, pour plusieurs années. Pourtant, dans l’état actuel des choses, le droit à l’erreur n’existe tout simplement pas.

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